Peinture_et_IA_Ban

Peinture et IA : une nouvelle matière à explorer

Comment un peintre peut-il aborder l’IA générative ? Certains choisissent de l’ignorer. D’autres y voient une menace, une forme de démon capable d’étouffer l’intuition créatrice. D’autres encore l’envisagent comme un outil : une ouverture technique, une nouvelle manière d’explorer, d’expérimenter et d’affiner un style personnel.

C’est cette troisième voie qui a été retenue ici. Par curiosité. Pour accueillir une nouveauté. Mais aussi avec la conviction que l’IA peut devenir un levier de progression et d’exploration artistique.

Je présente ici deux manières dont l’utilise l’IA générative dans la peinture.

Voie 1 : canaliser la patte par le prompt

J’utilise Image Creator de Bing. Pas par conviction profonde : simplement parce que c’est l’outil qui s’est trouvé sur mon chemin.

J’ai appris à glisser dans le prompt quelques éléments clés. Dans un monde idéal je suis à peu près ce schéma :

Je dis à l’IA qu’elle est un peintre de génie, un esprit singulier.
Je lui indique le sujet, dans mon cas, le plus souvent, un visage.
J’ajoute les ornements : fleurs, neige, volutes, éclats…
J’exprime enfin l’émotion que l’image doit dégager.

En affinant le prompt par petites touches les résultats deviennent étonnants. On y trouve presque toujours quelque chose à récupérer : un motif, une gamme de couleurs, un équilibre… bref des éléments qui aident à canaliser une “patte”.

Bon… pour l’instant, je reprends encore largement ce que me proposent les IA 🙂 Peut-être qu’un jour je réussirai à m’en détacher davantage.

Concrètement, l’IA m’a aidé à développer mon approche « florale » des visages, à renforcer cette symbolique du réencastrement de l’homme dans le vivant qui traverse mes toiles. Elle m’a aussi guidé vers une palette plus assumée, avec des couleurs récurrentes dans lesquelles je prends un vrai plaisir à peindre : le bleu de Prusse par exemple, qui revient comme un fil conducteur.

Voie 2 : enrichir l’univers stylistique d’une photo

C’est encore un terrain d’expérimentation : je n’ai rien peint de concret à partir de cette méthode, mis à part quelques tests prometteurs réalisés avec Fotor. Voici, par exemple la maison de famille. Plutôt que de me lancer dans un réalisme désarmant à mille lieues de mes aspirations, j’ai exploré la transposition du sujet dans des univers totalement incongrus.

Ainsi, cette maison charentaise, bien ancrée dans son terroir, se métamorphose dans des mondes cyberpunk ou japonisants. On pourrait multiplier ces variations : jouer sur les tonalités, les couleurs, les atmosphères… jusqu’à obtenir une image suffisamment riche pour mériter une surinterprétation picturale à l’acrylique.

Affaire à suivre.