Ne vous est-il jamais arrivé de manquer de mots ? Pour décrire une sensation diffuse, une inquiétude particulière, ou simplement une manière nouvelle de regarder quelque chose qui existait pourtant déjà sous vos yeux. Certaines langues possèdent parfois ces mots que le français n’a pas encore. D’autres expériences restent sans véritable nom.
J’ai eu envie, modestement, de contribuer à enrichir le français.
A la frontière de la donnée et du langage
Une langue évolue avec les usages, les transformations du monde et les sensibilités d’une époque. Certains mots apparaissent pour nommer des innovations techniques. D’autres pourraient exister pour exprimer des expériences humaines encore difficiles à formuler. C’est cet espace que j’ai voulu explorer : enrichir notre vocabulaire afin de mieux exprimer nos manières d’habiter le monde.
J’ai donc commencé à inventer des mots. D’abord à la main, dans un cahier. Puis dans des documents Word. Et progressivement dans un petit site que j’ai développé, intégrant une IA capable d’analyser les propositions et de formuler des recommandations selon un ensemble de règles et de critères de cohérence.

Un exemple de mot
Initialement pensé comme un projet littéraire personnel, le dictionnaire s’est progressivement ouvert à une dimension collaborative et data. C’est sans doute ce qui fait aujourd’hui l’originalité du projet : tenter de faire dialoguer invention lexicale, contributions humaines et outils numériques au sein d’un même espace.
Les trois principes du projet
Le projet repose sur trois principes :
- L’être avant l’avoir : les mots de ce dictionnaire cherchent moins à désigner des objets qu’à exprimer des sensations, des perceptions et des manières d’habiter un monde qui change.
- L’humain avant la machine : une IA générative est utilisée : c’est un parti pris. L’outil analyse et suggère mais ne décide pas. La création comme la validation demeurent humaine.
- Le mot avant le nom : aucun compte. Aucune signature. Aucun auteur ne peut revendiquer un mot comme une propriété. Un mot proposé n’existe que par celles et ceux qui l’emploient.
Les objectifs du projet
À court terme : faire connaître le projet et obtenir des retours. Comprendre ce qui fonctionne ou non. Voir si ces mots paraissent amusants, pertinents, ou complètement absurdes. Identifier ce qui mérite d’être approfondi, retravaillé ou abandonné.
À moyen terme : constituer un recueil de 99 mots, sans signature individuelle, puis l’adresser à l’Académie française comme une proposition lexicographique. D’autres cercles liés à la langue, à l’écriture ou aux sciences humaines pourront également être sollicités. Et puis, il faut bien l’avouer : ce serait tout de même assez réjouissant qu’un mot né d’un projet collaboratif finisse un jour par entrer dans un dictionnaire.
À plus long terme : faire en sorte que le projet puisse vivre au-delà de cette initiative. Inspirer d’autres expériences, Le code source du projet est librement accessible sur GitHub afin que chacun puisse s’en emparer, le modifier, créer ses propres dictionnaires thématiques ou explorer d’autres territoires sensibles du langage.